Je vous présente donc tout les concepts Ophidiens,ainsi que leurs nouvelles et explications, qui seront produits en figurines prochainement.

Vous pouvez retrouver toutes les figurines Ophidiennes en vente par Aarklash Chronicles en cliquant sur ce lien:

http://www.aarklash-chronicles.com/products/categories/21/LAllianceOphidienne.html

Veilleur Ophidien

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Psyché Ophidien et son reflet 1

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"Le Psyché Ophidien, un espion à la solde de l'Alliance, œuvrant en coulisse, un ophidien ayant grandi en vivant et en pensant comme sa victime, afin de pouvoir restituer les moindres détails de son existence, l'observant, notant et assimilant sa vie quotidienne pour la crédibiliser à travers un reflet, une illusion créée de toutes pièces par la magie du Typhonisme. Le reflet rongeant le marionnettiste chaque jour un peu plus, affligeant de terribles supplices à son corps. Un Psyché vit comme un fantôme dans le sillage de sa victime, jusqu'au jour où il se décide de procéder à la substitution, de supprimer le modèle et de le remplacer par l'illusion."

Note de conception: Inspiré de l'Acanthophis, le "Death Adder", voici le premier psyché ophidien. A l'instar de ce serpent, le Psyché leurre ses proies grâce au reflet, l'illusion qu'il crée grâce à la mage du Typhonisme. Le "Death Adder" est connu pour se terrer en laissant en évidence le bout de sa queue, ressemblant à une proie pour ses victimes, voire à un congénère. Et de de lancer une attaque fatale lorsque sa proie s'est assez approchée et ne suspecte pas le danger imminent. Lorsque la proie se trouve à portée, le "Death Adder" lance son attaque, l'attaque la plus rapide au monde pour un serpent, portant le coup en moins de 0,15 seconde. Ce serpent a naturellement été un modèle prédestiné pour le Psyché, tapis dans l'ombre, prêt à porter son attaque. Le corps du Psyché se mêle à l'illusion, le reste dissimulé, entretenant le sort qui maintient le Reflet au prix de sa propre souffrance.

Concept par Rodrigo Vega pour Fire Industries

Psyché Ophidien et son reflet 2

Concept - psyche ophidien et son reflet 2

"La Baronnie d'Allmoon n'avait jamais été un terrain prospère pour les Ophidiens. Les nombreux glyphes de Clarté disséminés par le Baron Mirvilis empêchaient aux Ténèbres de se mouvoir librement sur ce territoire. Le psyché avait traversé les baronnies à partir du Nord. Sur ordre du Prophète, il avait rejoint le Cirque de l'étrange, une bande itinérante, menée par le Fossoyeur Sandr, pour répandre insidieusement l'influence achéronienne dans le Royaume d'Alahan. Il avait apprécié les longues conversations avec ce dévot rompu à l'art du Typhonisme. La caravane ne s'aventurerait pas en Allmoon et peu avant leur séparation, Sandr avait offert au psyché le modèle parfait pour son nouveau Reflet, une fillette âgée d'environ cinq ans.
La création du reflet à partir d'un être si jeune était une tâche aisée pour un psyché de son calibre. Une des roulottes du cirque ambulant avait été spécialement apprêtée pour le rituel de création. A l'intérieur, les lanternes colorées rejetaient des faibles lumières vertes et mauves, creusant profondément les ombres. Une nuit d'enchantements, avec l'assistance de Sandr, avait suffi au Typhonisme pour créer une réplique fidèle de l'enfant. Aux premières lueurs du jour, exténués par l'effort, Ophidien et fossoyeur contemplaient en silence le Reflet, à côté de l'illusion, la fillette perdait de temps à autre conscience, ses yeux se révulsaient, le corps parcouru de spasmes. Pour un tel Reflet éphémère, il n'était pas nécessaire de garder le modèle en vie, et ses gémissements portaient sur les nerfs du Psyché. Il s'approcha d'elle, prenant le haut de son crâne entre ses doigts longs et fins. Alors qu'il était sur le point de broyer les os, Sandr posa sa main sur l'épaule du serpent, lui tendant une lourde lame. Nulle explication n'était nécessaire pour le Psyché, Sandr voulait garder la dépouille pour ses jeux macabres. D'un geste puissant et précis, l'enfant fut décapitée, le sang coula avec abondance sur le plancher de la roulotte.
Aidé dans sa mission par ce Reflet innocent, le Psyché s'était aventuré sans peine au coeur de la Baronnie, neutralisant dans son sillage les glyphes. Il lui faudrait encore plusieurs jours pour rejoindre sa destination, le Port des Brumes. Le passage du Prophète et de sa cohorte se passerait sans encombre, et du Port des Brumes, les portes de Tycho deviendraient accessibles."

Note de conception: Inspiré de l'Acanthophis, le "Death Adder", voici le premier psyché ophidien. A l'instar de ce serpent, le Psyché leurre ses proies grâce au reflet, l'illusion qu'il crée grâce à la mage du Typhonisme. Le "Death Adder" est connu pour se terrer en laissant en évidence le bout de sa queue, ressemblant à une proie pour ses victimes, voire à un congénère. Et de de lancer une attaque fatale lorsque sa proie s'est assez approchée et ne suspecte pas le danger imminent. Lorsque la proie se trouve à portée, le "Death Adder" lance son attaque, l'attaque la plus rapide au monde pour un serpent, portant le coup en moins de 0,15 seconde. Ce serpent a naturellement été un modèle prédestiné pour le Psyché, tapis dans l'ombre, prêt à porter son attaque. Le corps du Psyché se mêle à l'illusion, le reste dissimulé, entretenant le sort qui maintient le Reflet au prix de sa propre souffrance.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Psyché Ophidien et son reflet 3

Concept - psyche ophidien et son reflet 3

"Le psyché avait reçu des ordres clairs et précis. Sa cible, un magicien de l'Ordre de la Chimère serait de passage sous peu à Cadwallon. Le vieux mage était connu pour succomber aux nombreux plaisirs de la Ville Franche. Bien sûr, en tant que praticien des arts occultes, il était coutumier des substances psychotropes qui ouvraient son esprit aux plans éthérés, mais les informations à son propos indiquaient qu'il chercherait à assouvir un vice tout autre. En effet, son appétit ne serait pas comblé dans les salons enfumés et sombres d'Arcadia, mais bel et bien dans la très animée Soma, où se monnaient les charmes et plaisirs interdits aux détours de ses ruelles.
Trois semaines s'étaient écoulées depuis que la mission lui avait été confiée. Un délais court, certes, mais pour une mission de support qui permettrait à l'Alliance de garder un oeil attentif sur les agissements de la Chimère. Un maître de l'illusion, digne de S'Orobïn, était arrivé quelques jours auparavant. Pendant plus de deux décennie, ce dernier a observé chaque facette de la vie du magicien, découvrant chacun de ses secrets, assimilant ses habitudes, apprenant à raisonner comme lui, et maintenant était venu le moment fatidique de la substitution. Pour que l'illusion du maître psyché puisse perdurer et prendre toute son ampleur, la victime devait impérativement rester en vie, pour être ensuite gardée précieusement en léthargie par les disciples psychés dans leur Sanctuaire.
Les miasmes du stupre emplissaient l'air des ruelles de Soma, le psyché était par moment écoeuré par ces effluves de débauche. Son reflet avait été travaillé à la perfection pour répondre aux désirs supposés du magicien. Grâce à la magie du Thyphonisme, il avait créé l'illusion d'une jeune fille. Un regard joueur, des cheveux ondulés qui jouaient avec chaque mouvement sur un visage candide, un sourire avenant et empli de candeur. Les traits avaient été étudiés pour rappeler au mage sa propre fille. Les courbes fines et dessinées de son corps accentuaient encore cette impression de candeur lascive. Un reflet étudié pour être le piège parfait, celui qui ne laisserait aucune chance à sa victime.
Le piège avait fonctionné, le psyché et ses frères n'avaient rien laissé au hasard. Le magicien était nu dans cette pièce miteuse, affichant à la vue de l'ophidien son corps rachitique maculé d'escarres, témoin d'une vie passée au service de la magie. Alors que ses mains parcouraient le corps du reflet avec fébrilité, ses yeux brillaient d'une avidité éveillées par des fantasmes interdits. Il ne prêta aucune attention au psyché lorsque celui-ci se détacha des ombres de la pièce. Malgré cette brèche dans l'illusion créée par le Typhonisme, le reflet garda tout sa consistance. D'une main, l'ophidien saisit le cou de l'homme, de l'autre, il empoigna la cheville. Les crocs s'enfoncèrent dans la chair sèche de sa jambe. Le magicien de l'Ordre de la Chimère s'effondra en un instant alors que le venin de l'Ophidien se répandait dans son corps. La substitution pouvait maintenant prendre place."

Note de conception: Inspiré de l'Acanthophis, le "Death Adder", voici le premier psyché ophidien. A l'instar de ce serpent, le Psyché leurre ses proies grâce au reflet, l'illusion qu'il crée grâce à la mage du Typhonisme. Le "Death Adder" est connu pour se terrer en laissant en évidence le bout de sa queue, ressemblant à une proie pour ses victimes, voire à un congénère. Et de de lancer une attaque fatale lorsque sa proie s'est assez approchée et ne suspecte pas le danger imminent. Lorsque la proie se trouve à portée, le "Death Adder" lance son attaque, l'attaque la plus rapide au monde pour un serpent, portant le coup en moins de 0,15 seconde. Ce serpent a naturellement été un modèle prédestiné pour le Psyché, tapis dans l'ombre, prêt à porter son attaque. Le corps du Psyché se mêle à l'illusion, le reste dissimulé, entretenant le sort qui maintient le Reflet au prix de sa propre souffrance.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Le Premier Veilleur Ophidien

Premier veilleur ophidien

"L'élite des guerriers Ophidiens est appelée à protéger les Sanctuaires de l'Alliance, les derniers refuges du peuple serpent et de ses trésors et secrets. Chaque sanctuaire est sous la protection du Premier Veilleur, un guerrier exceptionnel qui domine par sa simple présence ses subalternes.
Les Premiers Veilleurs sont seuls maîtres dans les choix qu'ils imposent aux veilleurs servant sous leurs ordres. Seuls les Patriarches et les Sydions ont droit de regard sur leurs agissements et la voie vers laquelle ils dirigent les sanctuaires qu'ils protègent."

Notes de conception: Le Premier Veilleur est inspiré par le Python Molurus, pour sa musculature exceptionnelle et son corps massif. L'Ophidien est représenté suspendu entre deux piliers de pierre, son corps massif lévitant par la seule force de ses anneaux constricteurs. La posture du corps, ainsi que sa corpulence mettent en avant l'incroyable force qui se dégage naturellement du Premier Veilleur.

Concept par Rodrigo Vega pour Fire Industries

S'erdh, Ophidien rongé par la Maldorée

La Maldorée

- Tu me dis que cette maladie est née avec cette larme. Comment peux-tu en être sûr ? demande S'Erum. - Attends. Trois jours ont passé. Je ne me sentais pas très bien et je croyais encore à une simple infection du cloaque. Des détails ont fini par éveiller mes soupçons; lui répond S'Erdh. - Des exemples ? - Je rêvais. - De Syd ? Le Premier veilleur ne cherche même pas à dissimuler sa surprise. - Non, pas de Syd, dit-il. Pas tout de suite. J'entre rarement en léthargie, je n'ai pas l'habitude de rêver. Pourtant, après cette dernière patrouille, j'avais besoin de me reposer souvent. Oh, pas longtemps... Une heure par-ci, par-là. A chaque fois, je rêvais du ciel. J'errais au milieu des nuages, je sentais le vent sur ma gueule. Le monde était en dessous, très loin... inaccessible. J'étais heureux là-haut. Le troisième jour j'ai fait un dernier rêve. Différent, plus oppressant. Je me suis réveillé en sursaut. J'étais installé sur mon eyzom et quand j'ai ouvert les yeux... je les ai senties. Il s'interrompt. S'Erum l'invite à poursuivre du regard. - Les ailes, sydion. Le Premier Veilleur perd de sa superbe. Son visage exprime une profonde détresse et sa voix, jusqu'ici contrôlée, se distord avec un sifflement caverneux. S'Erum ne tient pas à provoquer une crise et veut garder le contrôle de la situation. - Calme-toi, dit-il en composant une expression rassurante. Rien ne presse. Je veux comprendre ce qui est arrivé. C'est fini, tu n'as plus besoin de te cacher. Raconte-moi : tu t'es réveillé et tu as senti, c'est le mot n'est-ce pas ? Tu as senti des ailes... S'Erdh joint les mains derrière sa gueule et baisse les yeux. - Des ailes, murmure-t-il. J'aurais aimé qu'elles soient vraies, mais c'était bien pire. C'était... une tentative, une première incursion... La Clarté bouillonne dans mon sang, sydion. Elle s'exprime comme elle peut. C'étaient des verrues, des choses immondes, comme des membranes fripées... Pas très grandes. Un mètre d'envergure, pas plus. Il s'interrompt et se frotte vigoureusement les mains : - Les voir, les sentir... ce n était pas le plus dur. J'étais là, cloué à mon eyzom, tétanisé et... elles se sont mises à bouger. Une grimace déforme sa mâchoire. - Tu ne peux pas imaginer ce que j'ai pu éprouver à ce moment-là, dit-il. Voir ces... choses soudées à mon corps, qui essayaient de bouger, de battre avec des efforts pathétiques. J'ai cru devenir fou, j'ai pensé les couper, les arracher... Une colère froide luit fugitivement dans ses prunelles : - Je n'ai pas pu. La Lumière n'a pas vocation à s'autodétruire, pas plus qu elle ne tolère la mutilation. Elle veut s'épanouir, se nourrir, enfler... et se substituer au Principe obscur. Elle veut atteindre un équilibre vital. C'est une force qui se nourrit d'elle-même, ce qui la rend infiniment puissante. Et c'est mon corps qu elle a choisi. Le désarroi du Premier Veilleur est si palpable que S'Erum doit faire un effort de volonté pour ne pas saisir 18 et loger une balle dans son crâne. Tirer un trait définitif sur cette histoire le démange. - Tu souffrais ? demande-t-il. - Au début, non. La douleur a augmenté petit à petit. Elle est devenue insupportable lorsque les ailes ont commencé à se rétracter. - Comment ? - Je n'en sais rien... La mutation agit en profondeur et modifie la morphologie. Après cette première crise, j ai changé de l'intérieur. Dans les jours qui ont suivi, j'ai été assailli par des crampes atroces. J'ai senti des muscles se paralyser... - Et ensuite ? - J'ai compris ce qui se passait. Je connaissais l'histoire du Lazarium et je me suis plongé dans mes livres pour essayer de savoir s'il existait un remède. Je n'avais que cela en tête, sydion. Trouver un remède. J'étais tenaillé par la honte, et aussi par un sentiment d'injustice. Avais-je commis une faute qui aurait pu justifier cette souffrance ? Pourquoi cette larme sur ma joue m'avait condamné à ce cauchemar ? - Avant de te tuer, il faudra que j'obtienne une réponse à ces questions. Un ricanement fait grincer la gueule du Premier Veilleur : — Des réponses ? Tu vas être déçu. Le Lazarium justifié nos ignorances. On a enfermé les nôtres pour ne pas voir la Maldorée les ronger et en faire des monstres contrefaits, des dragons atrophiés... J'ai lu le récit qu'on en fait et, crois-moi, ils ont enduré les tortures les plus abjectes. On les a enfermés, on a creusé des trous, des cellules étroites conçues pour les garder en vie et donner aux Mnémosiens le temps nécessaire pour étudier l'évolution de la maladie. Tu imagines ce que cela a pu représenter pour nos frères ? Cloîtré entre quatre murs, ton corps qui se déforme, tes veines glacées par le fluide de la Lumière... La nature, sydion. La nature se venge. Elle n'a jamais admis que Vortiris la viole pour nous concevoir et assurer notre descendance. Elle reprend ce qu'elle a concédé sous la contrainte. - Tu interprètes. - Oh non, tu te trompes. Je vis la même chose qu'eux. Et, comme eux, je vais mourir sans savoir. Dragons et ophidiens sont liés. Les Cynwälls et leurs chevaliers-dragons sont des frères ennemis. Un jour, il faudra percer cette énigme pour découvrir ce que nous sommes vraiment."

Notes de conception: Fondamentalement, la plupart des mécanismes qui s'y rattachent ont été ajoutés par les ophidiens afin d'empêcher le supplicié de ressembler ou d'agir comme un dragon, en injectant du Principe Obscur pour conscrire la maladie et l'empêcher de se développer. Un serpent n'est pas sensé cracher du feu alors ils ont ajouté une machine à son cou qui aspire le feu sortant de sa gorge. Un serpent ne devrait pas s'envoler alors ils ont mis des chaînes et des poids sur les ailes difformes engendrées par la Maldorée, ils ont même amputé les gros doigts d'une aile, ils ont aussi amputé ses pieds car ils veulent qu'il continue à ramper comme un serpent. Remarquez les oiseaux qui le suivent, un peu comme une maladie ordinaire attire les mouches, les charognards et les créatures de la mort et des Ténèbres; cette maladie de la lumière et de la vie attire les adeptes de la Lumière et de la vie. Les oiseaux de passage picorent les machines qui ne devraient pas être là, ils sentent la Lumière se propager à l'intérieur.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries

Fils de vortiris, champion voritran

Concept - Fils de vortiris, champion voritran

Les Vortirans sont les descendants directs de Vortiris, ils ont gardé en eux la flamme du Dragon des Origines. Plus puissants, plus rapides et plus cruels que leurs frères Ophidiens, les Vortirans déchaînent la fureur de leur engeance maudite sur les champs de batailles du Rag'narok. Les Vortirans embrassent la mort, car elle seule peut perpétuer le cycle de Vortiris. Un Vortiran ne cesse de croître tout au long de son existence, leurs traits arborant au gré des mues qui se succèdent une ressemblance draconique à chaque fois plus marquée avec Vortiris.

Notes de conception: Le Vortiran a été pensé pour être la machine à tuer sans pitié par excellence. Sa tête, ornée de cornes, exprime les origines draconiques des Ophidiens. La pose du champion Vortiran, pour sa part, témoigne de la fureur sanguinaire de la créature, bondissant à toute allure au travers des troupes ennemies, laissant dans son sillage des cadavres mutilés.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Mordevohn

Mordevohn - l'emissaire sinueux

"Autrefois puissant magicien de l'Alliance, entièrement dévoué aux Patriarches, Mordevohn reçût pour mission d'arpenter les Royaumes élémentaires. Se servant du typhonisme et de l'alignement des astres pour pénétrer au plus profond de Creufond, il senti son esprit communier avec une puissance supérieure, l'Ombre de Creufond. et son identité vola en éclat. Son esprit fut réduit en lambeaux, sa personnalité fracturée, sa mémoire dispersée. La souffrance le conduit aux bords des précipices de la folie.
Lors du Jour des Cendres, lorsque la ville de Cadwallon s'enfonce dans l'ombre, les silhouettes éthérées que sont les fragments de Mordevohn sortent des portails élémentaires pour se retrouver, mues par une force invisible. Pour quelques heures, la fusion de ses personnalités conflictuelles inflige à son esprit torturé une souffrance que peu de mortels sont à même de supporter, le plongeant chaque un peu plus loin dans les abysses de la folie. Néanmoins, de cette souffrance naît un pouvoir insoupçonné, tirant sa source de chacun des royaumes élémentaires d'où provient le fragment de Mordevohn."

Notes de conception: Le but a été, ici, de montrer le conflit des différentes personnalités forcées à se retrouver, à fusionner dans cet être meurtri, baignant dans une folie enragée.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries

Pretresse ophidienne

Concept - Pretresse ophidienne

"Il fallut plus de quatre semaines d'un périlleux voyage aux pèlerins ophidiens pour rejoindre le Sanctuaire du Centre. Leur meneur se dressa de tout son long contre la paroie rocheuse, son corps épousant la pierre. A plusieurs mètres de hauteur, sa langue trouva l'interstice dans la pierre, s'y immisçant, caressant délicatement les mécanismes du verrou minéral. Il sentit, autant qu'il entendit, le léger claquement sec du verrou qui se libérait. Les portes du sanctuaire leurs étaient maintenant ouvertes.
Les braséros avaient peine à illuminer les murs ouvragés du Temple de Vortiris, les encensoirs dégageaient une fumée âcre et épaisse, qui emplissait le Temple. La visibilité à l'intérieur de l'édifice était telle que seuls les Ophidiens pouvaient y pénétrer et se guider avec l'aide des vibrations des pierres ancestrales. Les couloirs cédèrent rapidement la place aux galeries, où seul un corps sinueux pouvait s'y mouvoir sans peine. L'un après l'autre les pélerins s'engouffraient dans les méandres du Temple. Une sensation oppressante les assaillait, l'athmosphère était lourde, chargée de murmures sourds et de vibrations lointaines. Leur meneur les guida vers la nef du Temple. En un instant, les étroits couloirs de pierre firent place à un dome aux proportions démesurées. Les Ophidiens étaient arrivés sur une coursive située à plusieurs étages de hauteur. Devant eux se dévoilaient les préparatifs de la Grande Communion. Des dizaines d'Ophidiens étaient affairés en contrebas. Les torches et encensoirs brûlaient avidement. Ils distinguaient au fond de la nef, la grande prêtresse et sa cohorte. Les flammes se réfléchissaient sur leur peau lisse et luisante alors que leurs parures scintillaient. Un acolyte vint à leur rencontre, après un bref échange vibratoire, il leur fît comprendre qu'ils étaient invités à rejoindre les quartiers réservés aux pèlerins.
Les heures passèrent. Dans le grand bassin commun, des dizaines d'Ophidiens attendaient l'Appel, l'invitation à rejoindre la cérémonie, dans les eaux fumantes du Temple. Le bassin était long de plusieurs centaines de mètres, tout autour des esclaves s'occupaient de répondre aux moindres désirs des pèlerins, le plafond de roche brut était bas et venait en de nombreux endroits se lier à l'eau du bassin par des colonnes vrillés de symboles noueux. Tous attendaient patiemment, certains depuis plusieurs jours. Ils étaient venus des quatre coins du continent pour assister au Rituel. Pour un grand nombre, ce serait leur seule occasion. Un acolyte au corps fin, couvert d'une robe épaisse entra dans la salle. Il émit une vibration brève et directe. Le Rituel pouvait commencer. Les pèlerins sortirent tous du bassin, ils étaient plus d'une centaine réunis en ce lieux, le chant qui naquit du glissement de leurs écailles mouillées sur la pierre se mêla à la mélopée vibratoire qui s'échappait de la grande nef.
Au cœur de la nef, la grande Prêtresse se tenait, dressée au centre de sa cohorte, le sceptre du cycle de Vortiris brandi. Autour d'elle, douze femelles avaient entamé la mélopée du Rituel de communion. Les pèlerins affluaient tout autour. Le chant des prêtresses était repris par ces derniers, les vibrations de la mélopée devenaient de plus en plus tangibles, donnant des formes fantomatiques aux volutes de fumées qui s'échappaient des lourds encensoirs de métal. Les derniers esclaves à être restés dans la nef, quittèrent sans attendre, assaillis par le bourdonnement du chant. Dominant l'assemblée et ses suivantes, la grande prêtresse entra dans une danse lancinante, son corps formant des courbes sensuelles par des mouvements lents. La mélopée du Rituel avait atteint son paroxysme, les prêtresses commencèrent les unes après les autres à entrer en transe. Chacune à son tour descendit au milieu des pèlerins. Lorsque toutes furent dispersées dans la nef, la grande prêtresse entra en transe à son tour, et s'écroula, son corps convulsant sous l'effet de la Communion avec l'esprit de Vortiris. Les pèlerins les plus avides montèrent à sa rencontre. Partout dans la nef, les corps écailleux se frottaient les uns aux autres. Les mâles, venus en pèlerinage pour participer au Rituel, redoublaient de vaillance dans leurs assauts pour atteindre la prêtresse la plus proche. Ceux qu'elles choisiraient au cours du Rituel de Communion auraient le privilège de donner une descendance à l'Alliance. Mues par une force invisible, les prêtresses emportées par leur transe, habitées par l'Esprit du Dragon des Origines, s'offraient entièrement aux mâles avides qui les entouraient."

Notes de conception: Le concept de la prêtresse a été étudié pour refléter au mieux la taille imposante des femelles ophidiennes. Le choix d'un serpent fin, au corps lisse a été fait pour mettre en valeur leur attributs féminins. Le sceptre représente le cycle de Vortiris, le dragon des Origines, vénérés par les Ophidiens. L'Ahaetulla nasuta a été choisi comme modèle d'inspiration pour ce concept. En effet, la physionomie fine et délicate de ce serpent, son faciès acéré, et surtout leur mode d'incubation ovovivipare, ont fait de ce serpent la meilleure référence pour les Mères ophidiennes. (Bien qu'elles soient, pour leur part, ovipares)

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Guerriers ophidiens

Concept - guerriers ophidiens

"Et dire que la soirée avait débuté comme toutes les autres depuis que sa compagnie de lanciers était arrivée à la frontière. Une patrouille de routine aux abords de la vieille abbaye. Yllia était haute dans le ciel, illuminant les bosquet de sa froide lumière, creusant profondément les ombres, les rendant encore plus opaques. Les sous-bois étaient calmes, pas un seul bruit, pas un seul mouvement dans les buissons. Au départ, ni lui, ni aucun de ses frères d'armes n'y avaient prêté la moindre attention. Mais ce calme cachait une menace noire sur leur petit groupe. Suivie d'un froissement de feuilles, une ombre se détacha d'entre deux arbres, la vitesse de l'attaque ne leur permit pas de s'y préparer. La lame massive de l'assaillant cueilli le premier lancier à la taille. La violence inouïe du coup trancha la chair, et d'un bruit sec d'os brisés, broya sa colonne vertébrale, projetant le torse du lancier à quelques mètres du reste de son corps. Les trois survivants restèrent un instant effarés, ne sachant comment réagir. Se ressaisissant, le premier fit volte-face, agrippant solidement sa lance, pour faire face à l'ennemi.
Dressé face à lui, se trouvait un monstre de muscles et de métal. Sous son armure, les écailles de sa peau scintillaient sous la lumière de la lune. L'Ophidien toisait ses ennemis toujours stupéfaits, ses proies. Il les dominait, dressé de toute sa hauteur. Pour un guerrier de l'Alliance, ces pathétiques humains étaient juste digne de le divertir. Le premier d'entre eux à avoir repris ses esprits s'était retourné pour se mettre en garde. D'un coup de queue leste et rapide, le guerrier planta ses lames caudales à l'arrière de la nuque du lancier et contracta tous les muscle de sa queue pour faire revenir la lame. La tête du lancier fut arrachée dans une fontaine écarlate. Sans un cri, l'horreur toujours figée dans son regard, la tête roula au pied du plus proche lancier encore en vie. Ce dernier resta paralysé, alors que le dernier de ses frères d'armes prenait la fuite vers les ruines de l'abbaye. Décidément, ces lions n'étaient pas à la hauteur de leur réputation. Le guerrier siffla, la gueule ouverte, à quelques centimètres de sa victime. Sa langue caressa le visage du lancier, pour saisir chaque vibration de la terreur qui secouait son corps. Cet humain le répugnait, il se recula subitement et abattit son épée sur le crâne du lancier. La lame rentra, brisant le métal, fendant l'os, déchirant les chairs, et ne s'arrêta qu'au dessus du bassin de l'humain. Il retira délicatement sa lame de la rivière pourpre qui coulait du corps déchiqueté.
La peur l'avait emporté sur l'amour du Royaume, et le serment qu'il avait prêté. Haletant, le lancier sentait le sang frapper sur ses tempes. Il était à bout de souffle. Il s'était réfugié dans les ruines de l'ancienne abbaye, mais son armure et sa lance le freinait. Il jeta un regard incrédule à son arme, à quoi bon la garder, jamais il ne ferait le poids face à la chose qu'il venait de voir. Il la laissa contre le mur de pierre, et s'aventura dans les couloirs sombre dans l'ancien prieuré. Comme jamais auparavant, il espérait que Lahn veille sur lui. Il n'avait qu'une pensée en tête, traverser les ruines, et rejoindre sa compagnie de l'autre côté de la colline. Sa respiration de plus en plus lourde, d'un pas hésitant, il traversait les couloirs, ci et là, le toit effondré laissait pénétrer la lumière de la nuit, rendant les ombres qui lui succédaient encore plus denses. Ses mains cherchant à l'aveugle une prise sur les murs, pour y découvrir peut être le salut grâce à une porte dérobée, rencontrèrent une matière froide et lisse. Il ne put s'arrêter, sa course l'emportant. Il s'écrasa dans un bruit de métaux s'entrechoquant sur l'objet qui se dressait devant lui, et tomba à la renverse. Au sol, au milieu des débris de pierre effondrée, les rayons de la lune l'empêchant de voir ce qui se trouvait à moins d'un mètre en face de lui, le lancier était une nouvelle fois paralysé par la terreur. Son cœur battait la chamaille dans sa poitrine. Il entendit un grondement, un sifflement profond et sourd. Devant lui, un de ces monstres ophidiens s'était dressé, plus large que celui de la forêt, celui-ci le regardait, et semblait s'en amuser. La tête du monstre était couverte d'un épais casque terminé par une lame vicieuse qui avait déjà dû ôter la vie à plus d'une victime. La tête illuminée se replia doucement vers l'ombre, alors que le sifflement s'éteignait. Le lancier souffla, espérant que le monstre le laisse en vie. L'espoir fut vain, la tête du monstre jaillit, plantant sa lame dans son torse, et se relevant pour déchirer os, chairs et le visage du dernier lancier de la patrouille."

Notes de conception: Les plus robustes et massifs individus de la race ophidienne sont confiés à la caste des guerriers. Leurs sens sont aiguisés pour faire d'eux des machines à semer la mort digne de leur sombre engeance. Les guerriers ophidiens sont versés dans le maniement des armes, de l'épée recourbée traditionnelle à la lance, mais leur arme la plus mortelle reste leur propre corps. Ils préfèrent de loin broyer leurs ennemis dans une étreinte fatale et sentir la vie s'échapper de leurs victimes dans un dernier souffle.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Archers ophidiens

Concept - Archers ophidiens

"Huit ans. Huit longues années d'entrainement quotidien, sans jamais la moindre relâche. Des soixante-douze guerriers à avoir embrassé l'héritage de S'Ymirion, seuls treize étaient aujourd'hui sur le point d'entrer dans la Serpentine, le corps d'élite des Ophidiens. Suivant à la lettre la doctrine créée par leur illustre prédécesseur, ces guerriers ont appris à dompter leurs sens, à se fier aux vibrations et à la chaleur qu'émettent leurs proies, aux fluctuations des odeurs dans l'air ambiant et aux moindres sons pour former dans leur esprit une image mentale plus précise que ne pourra jamais l'être la vision. Ces redoutables tueurs sont l'élite de l'Alliance, la personnification de la perfection Ophidienne. Cette perfection, si chère aux Patriarches, se retrouvent dans leurs techniques de combat, dans leur apprentissage des armes de tir, mais aussi dans leur soumission aux idéaux de l'Alliance. Un guerrier de la Serpentine doit s'offrir entièrement à la cause, sans hésitation, sans regret. Les initiés de la Serpentine étaient regroupés dans une salle basse au plafond percé de voûtes profondes, plongée dans l'obscurité la plus complète. Devant leur maître chacun devra maintenant consentir au sacrifice et prendre sa place dans l'Ordre de la Serpentine.
Devant chacun, délicatement posées sur un coussin de velours, se trouvent deux dagues à la lame courte et large. D'un mouvement lent et cérémonieux parfaitement synchrone, les initiés les prennent et les lèvent, entonnant un chant vibratoire lent et sourd. Leur maître perçoit leur détermination, et ressent une profonde fierté devant ses guerriers. D'une vibration sèche, il leur intime l'ordre de procéder à l'offrande. Les bras tendus se plient. Les lames pointées pénètrent sans peine les cornées dorées des Ophidiens. Le liquide vitré chaud et épais s'écoule le long de leur visage. Les lames s'enfoncent plus loin encore, atteignant l'os au fond de la cavité oculaire. Doucement, machinalement, les poignets font tourner les lames, raclant l'os, et faisant tomber les yeux maintenant morts. Par ce sacrifice, ils avaient consentis à offrir à l'Alliance leur vie, leur destin, et leurs yeux. Ils étaient maintenant les agents des Patriarches, les plus zelés gardiens des sanctuaires, et les chasseurs de l'ombre, servant avec une infaillible efficacité. Ils ne trahiront pas le peuple ophidien, et l'utlime moment venu, leur dépouille sans vie restera fidèle à leur serment, car même le plus habile des nécropses ne pourra leur faire dévoiler les secrets que leur auront confiés les Patriarches."

Notes de conception: Les archers de la Serpentine sont l'élite des tireurs ophidiens, ils se fient aux vibrations et aux différences de chaleur pour percevoir leurs cibles, et les débusquer même si elles sont hors de vue. Le choix de les rendre aveugle a été motivé par l'envie de ce corps d'élite de rendre hommage à son fondateur, S'Ymirion, aveugle de naissance, mais aussi pour développer leurs autres facultés sensorielles. De plus l'œil pour les Ophidiens est bien qu'un simple organe, il s'agit d'un réceptacle. Entre les mains d'un nécropse, il devient le miroir de la vie du défunt, il restitue l'ensemble de ses souvenirs et de ses expériences. Par le sacrifice demandé par l'ordre de la Serpentine, ces guerriers consentent à emporter avec eux le secret des missions qui leur ont été confiées. Le concept des archers s'est basé sur les vipères, et plus particulièrement la vipère du Gabon. Cet animal nocturne chasse habituellement en embuscade, passant souvent de longues périodes, immobile, dans l'attente d'une proie qui lui convienne. Ces serpents produisent la plus grande quantité de venin parmi les serpents. Ces éléments ont fait de cette espèce le modèle parfait pour les archers et leur mode de combat, se servant de leurs sens pour détecter les proies hors de leur vue, et de leur venin pour rendre leurs tirs mortels.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

S'cythe, Sydion ophidien

Concept - S'cythe, Sydion ophidien

"La traque durait depuis quatre jours. La piste du Vicié était plus claire maintenant, il ne lui échapperait pas. Les lois mnémosiennes étaient sans équivoque, le Vice devait être contenu, qu'importe le Vicié. La perte de l'Erratum et l'arrivée des Apostats avaient peut être précipité l'Alliance dans le Rag'narok, répandant le Vice parmi ses frères comme une trainée de poudre, mais il ne le laisserait pas consumer les fondements de son peuple. S'Cythe avait consacré des mois à étudier, disséquer chaque élément qu'il avait pu trouver sur le drame qui s'était déroulé à Cadwallon. Il était arrivé à la conclusion que la chute du second Sanctuaire le plus précieux de l'Alliance n'était pas due à la Lumière, mais au Vice qui rongeait ses semblables. Il avait passé des nuits entières à étudier en profondeur le corps décomposé de S'Ardaï, l'ancien Maître Archiviste de l'Erratum. A l'aide de la nécropsie et du Typhonisme, il avait pu retracer ses derniers jours au sein du Sanctuaire. Il avait senti l'Avarice déformer sa raison, tirant les fils du complot qu'il avait ourdi dans le dos du traître S'Erum, et dans les limbes de l'œil, il avait découvert une volonté extérieure, la main qui avait orchestré l'avènement du Vice, il l'avait vu... Le Traître, le Chantre du Vice, le Prophète de la Déchéance, celui par qui le Vice avait réussi à infiltrer le coeur des Ophidiens. Il était resté incrédule, circonspect par cette découverte, l'attribuant à une perversion du Principe Obscur par la pourriture du corps de l'Archiviste et la présence de la Lumière dans l'Erratum, mais plus il tentait de nier l'évidence, plus les preuves s'amoncelaient et devenaient accablantes, un Patriarche avait succombé au Vice.
Le vent chargé de l'air marin laissait un profond goût salé sur la langue de S'Cythe, rendant plus ardue sa tâche, il en faudrait plus pour l'induire en erreur. Le Port des Brumes était désert. Habituellement, ses ruelles malodorantes et ses quais crasseux grouillaient de vie, mais le réveil de l'Empire Syhar avait vidé le Port des Brumes de ses brigands, de ses mercenaires, et de ses marins qui vendraient pères et mères pour quelques pièces d'or. Contrairement à bon nombre de ses frères, S'Cythe avait surmonté son dégoût naturel pour les races inférieures et leurs miasmes. Il avait appris à composer avec pour remplir son devoir. Il arriva discrètement en vue des embarcadères, une rafale de vent s'engouffra dans son manteau, la soie fine et noire des Akkyshans glissa sur sa peau écailleuse, alors que l'odeur du Père lui fouettait le visage. La traque était terminée, il était là, tout proche. D'un ordre mental, les aiguillons percèrent ses glandes, le venin chaud entrait dans les tubes qui couraient le long de ses bras, nourrissant ses pistolets. Il prit un instant pour juger de la situation, d'une incantation rapide, sa vision s'ouvrit, les ombres se détachèrent, il était devenu la nuit. Se mouvant au plus près du sol, sans un bruit, il arriva sur le quai où le Prophète avait embarqué. Plusieurs esclaves se tenaient là. S'Cythe lança l'attaque, les balles cueillirent leurs victimes en pleine tête. Deux. Trois. Les corps s'effondraient les uns après les autres, son avance semblait inexorable. Quatre. D'un geste rapide et naturel, ses pistolets avaient laissé la place à deux lames acérées, plusieurs esclaves couraient à sa rencontre, S'Cythe se propulsa, ses lames fendant les chairs avec aisance. Cinq. Sept. Le quai était jonché de corps sans vie. Le bateau commençait lentement à s'éloigner du quai, le temps était compté. Sur le pont du bateau, la silhouette du Prophète se dessinait. Seuls quelques mètres séparaient les deux ennemis. Deux esclaves faisaient face au Sydion. Derrière eux, une ombre massive avança, un apostat servait le Traître. Les esclaves furent balayés par la brute, leurs corps brisés par le coup.
Au grand étonnement de S'Cythe, le hérault des Ténèbres n'était pas humain. Sous ses lourds atours de métal couverts de sanglants trophées, un Wolfen massif grondait, sa gueule déformée par un sourire carnassier. Ses yeux brillaient d'une démence sanguinaire inégalée. S'Cythe se redressa, ses armes prêtes à porter une attaque. Ses tempes brûlaient, le Prophète prenait la fuite. Tout son être lui criait de se jeter à la poursuite du bateau, mais le monstre qui lui faisait face venait de reléguer sa traque au second plan. S'Cythe haïssait les Apostats, ces êtres déments enfantés par le Vice. Les deux guerriers tournaient lentement, aucun d'eux ne souhaitant porter le premier coup sans avoir pu découvrir une ouverture dans la défense de l'autre. D'une vibration sourde et lente, S'Cythe commençait une nouvelle incantation, il sentait les Ténèbres couler dans ses veines, son corps se durcissait, ne faisant plus qu'un avec le principe Obscur. L'Apostat se jeta, son énorme halebarde levée, vers S'Cythe. D'une esquive rapide, il évita le coup qui éventra le quai. Le temps que le wolfen se retourne, S'Cythe, son corps vrillé, avait déjà fait volte-face, plantant une de ses lames profondément dans le rein de la bête. L'apostat poussa un cri de rage, la lueur de folie qui brillait dans ses yeux s'était embrasée. Il tenta de porter une succession de coups, son arme colossale fendant l'air avec une rapidité déconcertante. S'Cythe échappa à ces coups mortels de justesse, jusqu'à ce que l'hallebarde ne lui fasse perdre l'une de ses lames. Il fut projetté au sol, son épaule engourdie par une douleur sourde. La bête jeta son arme, et se rua vers lui, la gueule ouverte, ses crocs étincellant sous l'éclat de la lune. S'Cythe arriva, au dernier moment, à saisir son pistolet chargé. Le canon de l'arme s'enfonça dans la gueule de la bête. Un éclat de lumière. Le bruit sourd de la déflagration. S'Cythe se releva, faisant basculer du quai le corps ensanglanté de son ennemi, les eaux noires l'engloutissant. S'Cythe était seul, au milieu des dépouilles, fixant le point de lumière qui emportait le Traître."

Notes de conception: S'Cythe, le Sydion est le dernier rempart de l'Alliance, un être dur et froid, appliquant avec détermination les lois mnémosiennes. Le concept a voulu rendre avec précision le parcours du Sydion, tout en mettant en valeur ses compétences de guerrier-mage. Le concept dépeint un Ophidien rompu aux voyages et à la traque, portant partout avec lui les édits de l'Alliance.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Necropse Ophidien

Concept - Necropse ophidien 

« L'œil nest pas simplement un organe y mais un réceptacle. Entre les mains d'un nécropse, il devient l'orbe d'une vie, celui qui dévoile les souvenirs et restitue, parfois, les étapes les plus importantes de l'existence du défunt. La vérité gît à jamais au fond de l'œil. » Extrait d'Œil pour œil, ouvrage de référence destiné aux disciples nécropses.
"L'atelier. Pour S'Érïn, quatre cents mètres carrés dévolus à son métier. À droite, sur toute la longueur du bâtiment, pendent les mues cristallines de ses frères. Miroirs du temps, miroirs d'un peuple. Toutes sont fixées à l'intérieur de cadres noirs et rectangulaires qui coulissent le long de tiges métalliques. À ce jour, le nécropse en possède deux cent vingt et une et connaît chacune d'entre elles dans les moindres détails. À la nuit tombée, lorsque la lumière décline et rend le travail impossible, une profonde nostalgie pousse régulièrement S'Érïn à s'engager au milieu de ce labyrinthe pour contempler ses œuvres à l'éclat vacillant d'une lanterne. Un rituel rythmé par le grincement des cadres qui coulissent sur leurs rails, un rituel vital. À gauche, face à la galerie, se trouve l'atelier proprement dit, de larges étals en marbre blanc recouverts d'un fatras d'alambics, de pots, de pinceaux et de loupes, le tout dominé par l'odeur entêtante des herbes et des concoctions. Sa vie se tient ici. Des heures, des mois, des années penché sur ses étals pour servir la cause ophidienne et ses alliés. Mais l'essentiel, la matière première de son art, se trouve à l'extrémité nord du bâtiment, logé à l'intérieur du mur. Vingt cavités où il abrite les précieux organes, vingt cavités où il entrepose avec un soin maladif les globes oculaires que ses frères lui confient. S'Érïn est un artiste du dernier soupir, un ophidien capable de voir au fond de l'œil pour révéler l'instant qui a précédé le décès. La dernière image, la dernière vision que la mort grave à jamais dans les yeux du défunt. Une réminiscence rétinienne que l'exercice combiné de la magie et de l'alchimie permet de graver sur un support, en l'occurrence les peaux mortes de ses frères. Il n'existe pas d'autre support connu. D'essence magique, la mue est le seul « matériau » dont dispose le nécropse pour rendre visible le fond de l'œil et le garder dans un parfait état de conservation. C'est pour cette raison que S'Érïn tient à choisir ses peaux personnellement. Chacune d'entre elles raconte une histoire, avant même de devenir une toile. Au toucher, il peut en sentir les forces et les faiblesses, il peut dire si une vieille blessure risque d'affecter le processus de révélation, si la présence, même infime, d une impureté de Lumière menace le résultat final... Il a connu bien des déboires avant d'acquérir une expérience solide et un jugement infaillible. Depuis dix ans déjà, il n'a plus connu un seul échec et se fournit auprès des guerriers qui traversent la troisième ou quatrième mue. Leurs peaux mortes sont d'une qualité exceptionnelle. Souples et résistantes, le meilleur support qui soit. S'Érïn regrette que ses frères ne le comprennent pas. Personne ne voit les efforts qu'il produit pour que l'œuvre délivre une émotion fidèle à l'original, pour que la scène représentée soit aussi sincère que possible. Il ne sait plus à quel moment il est devenu un artiste plutôt qu'un artisan. De toute façon, la nuance n'intéresse que lui. Le peuple ophidien mène une guerre totale. Quelle importance peuvent avoir les états d'âmes d'un artiste dans un tel contexte ? L'art canalise ses instincts, il en a pris conscience récemment. Et cela lui fait peur. Il sait qu'un jour ou l'autre, on finira par se demander si, en dépit des services rendus, il est encore digne d'être un frère de l'Alliance, s'il n'a pas été contaminé par les miasmes humains... Les Patriarches estiment que l'art est un luxe décadent, le premier pas vers une capitulation insidieuse. Peu lui importe le jugement de ses pères, pourtant. La peur se nourrit des regrets. S'il disparaît, ses œuvres seront dispersées, peut-être même détruites ou simplement reléguées dans une grotte humide, loin des regards. Cette menace affecte son travail. Il s'efforce de la cantonner dans un coin de son esprit, mais elle revient toujours comme un bruissement lancinant. Depuis la nuit dernière, elle ne se contente plus de bruisser, elle hurle : un sydion doit venir."
Extraits de "Les Cendres de la colère" de Mathieu Gaborit.

Notes de conception: Le concept du Nécropse s'est voulu fidèle au récit de Mathieu Gaborit, les instruments de travail du Nécropse sont bien présents, montrant le soin apporté par ce dernier à son travail, et le mélange entre magie et technologie que représentante ses œuvres. De plus, nous avons voulu faire de cet Ophidien, un ancien, un Ophidien épuisé par les années. Comme les serpents vers la fin de leur vie, les mues sont de plus en plus pénibles à subir, alors que dans leur jeunesse, elles sont nettes et bien détachées, les années passant, certaines parties restent collées à la nouvelle peau, l'ancienne était fragile et cassante. Notez aussi les bras aux muscles décharnés et usés, vestiges d'une jeunesse fleurissante.
Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Un énorme merci à Cédric Coche pour avoir réparé notre oubli de ce personnage capital pour les Ophidiens.

Mage Ophidien

Concept - Mage ophidien

"Le mage se trouvait à l'écart des combats qui faisaient rage en contrebas. Il observait ses frères aux prises avec les troupes du Lion, l'issue du combat était incertaine, il savait qu'il devait agir rapidement pour neutraliser la menace, et changer le cours de la bataille. Son sang bouillonnait, il était trop loin pour pouvoir soutenir ses frères. Sa main caressait la surface polie d'une des nombreuses Gemmes de Ténèbres qu'il portait, il ne voyait qu'une seule solution pour intervenir à temps, conjurer les Ailes des Abysses, ce sortilège ancestral offert à son peuple par les Rois-Sorciers d'Algandie alors que la guerre contre les Ishim'Re battait son plein.
Son esprit se referma sur lui-même, le Principe Obscur coulait en lui alors qu'il récitait l'incantation vibratoire. Des Gemmes de Ténèbres s'échappaient maintenant des volutes sombres et éthérées. De part et d'autre, la nuée spectrale commençait à dessiner deux ailes, larges et imposantes. Le mage n'avait encore jamais tenté de conjurer ce sort auparavant. A plusieurs reprises, il crut perdre l'incantation, perdre la possibilité de fondre sur ses proies humaines, mais le Principe Obscur tenait bon, ses ailes gagnaient en substance, son esprit se liait à elles. Leurs contours diffus renforçaient l'impression d'immatérialité de ces ailes. Tout d'abord douteux, il tenta de les faire bouger. A sa grande surprise, les Ailes réagirent directement, mues par une volonté propre. Une sensation désemparante l'envahit, son corps se soulevait, arraché du sol par une force extérieure.
Il était maintenant loin au dessus de la mêlée, les armures scintillantes du Lion n'étaient plus que de minuscules éclats, noyés dans la tourmente des combats. Même les formes massives de ses frères lui semblaient ridicules, tels des vers grouillant sur une carcasse. Il s'immobilisa, dominant la scène. Une nouvelle fois son esprit se ferma, entre ses mains tendues face à lui l'air commença à s'embraser. Les effets combinés des deux sortilèges lui demandaient un effort considérable pour maintenir sa concentration, alors qu'il les sentaient puiser dans ses forces vitales. Les premières étincelles timides avaient rapidement cédé la place à un tourment de flammes, il était prêt à déverser un torrent incandescent sur les ennemis des Ténèbres."

Notes de conception: L'Alliance Ophidien compte en son sein les plus puissants guerriers et mages. La maîtrise de ces derniers pour les Arts occultes n'est que très rarement égalée. Le concept du Mage Ophidien le présente utilisant le sortilège de conjuration des Ailes des Abysses. Lorsqu’il entonne cette incantation, le magicien fait pousser de grandes ailes éthérées dans son dos, distordant ses chairs et ses os, les mêlant aux effluves magiques. Les typhonistes d’Achéron, quant à eux, préfèrent arborer de sombres ailes d’oiseau leur donnant l’apparence d’anges déchus.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Vicié de la gourmandise

Concept - vicie de la gourmandise

"La bataille faisait rage. Les nains tenaient ferme malgré les assauts répétés des Syhés et des esclaves. Le Vicié observait la scène avec détachement. Non loin de lui, deux esclaves ophidiens avançaient droit vers les nains, armes brandies. Un des bougres se détacha du groupe pour charger les deux esclaves. La lame de sa hache foudroya le premier esclave alors que son razorback projeta le second au sol. Le bougre continua sa course droit sur sur le Vicié. Ce dernier se dressa pour accueillir son assaillant. La hache se planta profondément dans ses chairs. Le corps massif rendu encore plus épais par la Gourmandise s'écrasa lourdement sur la monture du nain, alors que le Vicié l'arrachait de sa selle.
Quelques heures plus tôt, alors que sa cohorte s'aventurait loin sur les pentes inhospitalières de l'Aegis, à la recherche d'un Sanctuaire ophidien abandonné, ils étaient tombé nez à nez avec une patrouille de bougres. L'affrontement aurait facilement pu être évité, ses éclaireurs Syhés l'avaient prévenu à temps, mais le besoin était là, les Ténèbres réclamaient leur dû. La perspective d'apaiser son Vice l'avait largement emporté sur l'accomplissement de sa tâche. Il avait ordonné à ses esclaves de tenir le front, alors que ses Syhés occupaient les abords de la route pour prévenir toute possibilité de débordements.
Le guerrier de Tir-Na-Bor fut rapidement englouti. Il sentait dans ses entrailles les dernières étincelles de vie quitter le bougre, les derniers soubresauts du nain agonisant étouffés alors que son corps broyait chacun des os du nain. Sur son flanc, le sang cessa soudainement de se déverser de l'entaille béante laissée par la hache. Il sentit sous lui le razorback se débattre frénétiquement. Il l'agrippa fermement par les pattes arrières. La bête hurlait. Le Vicié l'observa, les pupilles dilatées par la Gourmandise. D'un revers de la main, il lui asséna un coup violent. Gueule ouverte, crocs sortis, il enfonça l'animal dans sa gorge. Les spasmes de son corps l'aidèrent à faire progressivement entrer ce corps massif. Sa gueule déformée, sa peau dilatée au point de rompre, il avalait l'animal inconscient. Il pouvait sentir le Vice se repaître des forces vitales de sa victime. Le principe obscur envahissait son corps, lui insufflant une énergie nouvelle. Le Vice était devenu un moyen de communion avec les Ténèbres constamment inassouvi."

Notes de conception: L'Anaconda vert a servi de modèle pour ce Vicié de la Gourmandise. Le corps massif et épais du reptile a été une inspiration parfaite pour dépeindre ce serpent corrompu par le Vice. Cette corruption ne se limitant pas uniquement à l'esprit, le corps même du Vicié se trouve changé sous l'influence des Ténèbres dégénérées et libérées de toutes contraintes.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

S'Ynaqia, Viciée ophidienne de l'Envie

S'Ynaqia, Viciee de l'envie

"Les larges corridors étaient déserts. L'obscurité était entrecoupée à intervalles réguliers par la clarté de la lune que diffusaient les hautes fenêtres. S'Ynaqia traversait corridors après corridors d'un pas léger. Elle connaissait parfaitement les lieux pour les avoir étudiés à la perfection. A son passage les gardes la saluait. Le Vice avait transcendé son don, son corps n'était plus qu'un avec son Reflet. Bien qu'elle n'était pas habituée à se mouvoir sur deux jambes, elle marchait avec une grâce naturelle. Elle se trouvait maintenant face aux deux portes massives derrière lesquelles se trouvait l'objet de sa convoitise. Soucieuse de ne pas alerter les gardes du Palais, elle lança d'une voix douce et basse une incantion. Sur son doigt posé à même la serrure, des gouttes se formèrent et se mirent à ruisseler vers l'intérieur du mécanisme. Il ne fallut quelques secondes pour entendre les engrenages rompre sous la pression.
Les hauts murs de la pièces étaient couverts d'étagères sur lesquelles dormaient d'innombrables ouvrages. Sous cette forme humaine, S'Ynaqia comprit qu'elle aurait du mal à atteindre les plus hauts rayonnages. Le Vice s'éveilla, elle ressentait le mélange contre nature de l'Envie et du dégoût. Les traits doux de son visage humain commencèrent à se déformer, son corps entier fut progressivement déformé alors que le Principe Obscur lui rendait sa véritable forme. Partout la peau d'albâtre de son reflet se fendait, laissant couler un liquide translucide et épais. Les doigts griffus de ses véritables mains arrachaient les lambeaux de peau alors qu'elle subissait une douleur indiscible, chaque os se brisant et se reformant sous l'impulsion conjointe du Vice et des Ténèbres.

Alors que gisait au centre de la pièce l'amas de peau froide et molle couvert d'une pellicule grasse et luisante, S'Ynaqia cherchait méthodiquement l'ouvrage qui l'avait menée en ces lieux. Elle savait de source sûre qu'il était ici, perdu parmi ces milliers d'autres. Cadwallon renfermait des secrets qui pouvaient renverser le cours du Rag'narok. Soudain, elle le vit, une couverture noire rongée par les âges, un livre issu d'un temps oublié, l'objet de sa convoitise. Elle le feuilletait avec avidité, et après quelques banalités sur la nécromancie, elle tomba sur le Rituel d'asservissement des âmes. En elle, le Vice s'embrasa à nouveau, l'Amathys l'attendait."

Notes de conception: Le concept de la Viciée de l'Envie est personnifiée par S'Ynaqia, la psyché renégate. En elle, le Vice a transcendé ses dons de Psyché. Le Reflet n'est dorénavant plus une illusion, mais une transformation de son corps. Chaque Reflet appelle une nouvelle mue, le Désir de peau éveillant le Vice, embrasant le Principe Obscur qui sculpte son être, laissant derrière elle les lambeaux décharnés de sa précédente forme.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Vicié de la luxure

Concept - Vicié de la luxure

"Darendhyr était nerveux. Le colosse Drune n'aimait pas venir dans cette demeure de Tar-Haez. Il ne connaissait que trop bien le maître des lieux. En dix ans, il avait livré des centaines esclaves à cet Ophidien, ancien pourvoyeur pour un de leur Sanctuaire. De plusieurs mois pourtant, les choses avaient changées, alors qu'autrefois les esclaves mâles avaient la part belle des achats du serpent, dorénavant seules les femelles retenaient son attention. Au cours des mois, les goûts de l'Ophidien n'avaient pas été les seuls à changer, auparavant chétif aux standards de sa race, couvert d'écailles d'une teinte estompée, il était désormais massif, son ossature, sa musculature, et même la texture de ses écailles s'étaient considérablement renforcées. Darendhyr évitait de croiser le regard pesant du reptile. Il connaissait le pouvoir des maîtres de l'enskëm, comment les Ophidiens étaient capables d'imposer leur volonté à leur esclaves, vidant leur esprit, les transformant en marionnettes de chair.
L'enskëm transcende l'esprit, le Vice transcende l'enskëm. Depuis qu'il avait succombé à la Luxure son emprise mentale s'était décuplée, il exerçait un contrôle total sur ses esclaves. Elles étaient toutes des poupées de sang et d'os soumises à ses moindres désirs. Il s'était rapidement lassé de ces corps sans volonté, qui ne ressentaient ni peur, ni douleur, ni plaisir. Il se délectait des épreuves qu'il faisait endurer à ses Syhées, soumises à un contrôle ténu, tel le fil translucide d'une toile d'araignée, il les forçait à repousser toujours plus loin leurs limites, leur faisant découvrir tour à tour des plaisirs et des douleurs jusqu'alors inaccessibles. Il guidait leur volonté plus qu'il ne les contrôlait, son Vice se repaissait de voir la perversion s'immiscer dans ces âmes libres, les corrompant méticuleusement.
Alignées dos au mur, les nouvelles esclaves était passées en revue avec soin par l'Ophidien. Une à une, il les inspectait sous tous les angles, cherchant à déceler leurs faiblesses, leurs imperfections, et déterminer lesquelles seraient dignes de faire partie de ses Syhées. D'une simple pensée, il poussa une de ses Syhées à s'approcher du troupeau des esclaves. Le corps svelte et luisant de l'humaine contrastait avec la dureté des écailles hérissées du reptile. Un poignard à la main, elle s'approcha d'une jeune fille frêle et pâle. La Syhée la plaqua contre le mur, écrasant son visage contre la pierre froide. L'esclave pleurait et gémissait, incapable de se défaire de l'emprise de la Syhée. La lame du poignard s'enfonça légèrement sous la peau de la jeune fille. Doucement, méthodiquement, la Syhée faisait descendre la lame, décrivant sous la peau des courbes parfaites. Les lambeaux de peau tombaient sur le sol, alors que le sang formait des larmes écarlates, ruisselant le long de ses fesses, le long de ses jambes, pour former une flaque poisseuse à ses pieds. Le Vicié ressentait toute la puissance du dégoût qu'éprouvait sa Syhée, il relâcha un peu plus son contrôle, observant chaque mouvement se répéter, alors que seule la volonté propre de la Syhée les imposait. Après plus de quinze longues minutes, le dos maculé, le rituel était terminé, l'esclave portait maintenant la marque de son maître, elle pouvait maintenant commencer son initiation de Syhée."

Notes de conception: Le Vicié de la Luxure a été une occasion parfaite pour illustrer la condition des esclaves ophidiens. L'illustration montre les esclaves usées portées le lourd palaquin sur lequel se prélasse le Vicié, abusant de ses Syhées. Son corps est visiblement endurci par le Vice, son ossature même, visiblement renforcée.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Vicié de la Paresse

Concept - Vicie de la paresse

"Le plafond de la caverne s'était éboulé sur les derniers combattants. Les esclaves, ainsi que les templiers avaient été broyés par les pierres. Des quatre Ophidiens qui menaient la troupe, il était maintenant le seul encore en vie. Affaibli par les combats, le Veilleur sentait le sang s'écouler de son flanc lacéré. Les pierres l'empêchaient de se dégager. Les heures passèrent. Le serpent avait de plus en plus de mal à respirer, étouffé par la masse rocheuse qui l'avait cloué au sol. Une eau glaciale ruisselait sur son corps, s'immisçant sous son armure. Il sentait son corps s'engourdir alors que la léthargie progressait. Bientôt, il entrerait dans cet état de sommeil au seuil de la mort.
Le temps passa, des jours, des semaines, des mois peut être, entrecoupés par de brefs instants de lucidité. Le Veilleur avait pris goût à cet état transitoire, entre vie et trépas. Doucement, l'envie de se libérer, de rejoindre les siens, s'était estompée, remplacée sans qu'il ne s'en rende compte, par le Vice. La Paresse l'avait envahi. Ces éclairs de conscience devenaient de plus en plus espacés, plusieurs semaines les séparant. Le Vice s'enraçinait plus profondément en lui, modifiant sa chair alors qu'il déformait son âme. Sous l'impulsion des Ténèbres libérées par la Paresse, son corps et les pierres qui l'emprisonnaient se mêlèrent lentement.
Son esprit était entièrement éteint. Son corps froid et dur semblait abandonné par la vie. Au plus profond de son être subsistait la sombre lueur du Vice. La lueur grandissa, à chaque pulsation plus grande, plus forte, emplissant toujours plus le corps du Vicié. Une douleur vive éveilla son esprit. Il brûlait, son esprit était chauffé à blanc. Telle une seconde naissance, la vie renfluait dans ses veines, contrainte par le Vice. Sa tête se renversa, sa mâchoire ouverte au point de se disloquer par un spasme de douleur. Son corps convulsa, brisant les roches avec chaque soubresaut. Libéré des ses entraves de pierre, le Vicié s'élevait parmi les décombres. Il resterait perpétuellement au seuil de la vie et de la mort, un esprit torturé, prisonnier d'un corps insensible à jamais lié aux pierres qui l'avaient jadis meurtri."

Notes de conception: Le concept du Vicié de la Paresse cherche à mettre en avant l'apathie léthargique qui peut envahir les reptiles lors des périodes critiques, lorsque la faim les tenaille ou que le froid les assaille. Le Vicié de la Paresse tire parti de cette léthargie, de cet état de fonctionnement vital ralenti, son corps mêlé à la roche pour endurcir ses chairs, déjà rendues presque insensibles à la douleur.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Vicié de l'Avarice

Concept - Vicié de l'avarice

Prophete du vice, Vicié de l'orgueil

Concept - prophete du vice,vicie de l'orgueil

"Le navire tanguait. La mer agitée faisait balancer violement le trois mâts sur ses flots. Sur le pont balayé par les rafales de pluie, le Prophète se tenait seul, le regard rivé sur une lueur au loin, loin au milieu de la mer Australe. Le Prophète était absorbé par ses réflexions. « Le Vice. Il était l'artisan de l'avènement du Vice. Le visage de l'Alliance avait changé grâce à lui seul. Après des décennies passées dans l'ombre, protégé par son statut de Patriarche, il a enfin pu ouvrir le coeur de ses enfants aux vents du changement. Le prophète se souvient encore de ces longues nuits passées à étudier les nouveaux nés ophidiens, à rechercher parmi eux ceux qui abrittaient les étincelles qui embraseraient la flamme de la libération de son peuple. Il se souvient de la fierté qu'il a ressentie à la nouvelle de la chute de l'Erratum. Car si cet évènement fut une catastrophe pour l'Alliance, il a marqué la consécration du Vice chez l'un de ses plus prometteurs enfants. Le Vice est la liberté. L'Alliance devait faire face à cette réalité et l'accepter. Son rêve, son oeuvre prenait forme, il était au seuil d'édifier une Alliance affranchie de l'ombre d'un Père ingrat. Il en était le seul artisan. L'Alliance lui devait cette liberté. »

Quelques semaines seulement s'étaient écoulées depuis qu'il avait quitté ses enfants et laissé derrière lui les contreforts du Béhémoth. Le Sanctuaire d'Ahmatys était encore fébrile, mais il savait que S'Erum, sa plus grande réussite, était à la hauteur de ses attentes. La traversée du territoire Cynwäll et des terres des Lions avait été rendue possible grâce à l'aide de ses adeptes. Car nombreux étaient ceux qui, au sein de l'Alliance, soutenaient son oeuvre, même si nombre d'entre eux n'avaient pas encore découvert la voie vers leur véritable nature. Son estomac se noua d'excitation au souvenir de ce sydion qui lui avait donné la traque. La perspective de faire découvrir le Vice à cet enfant, de le voir revêtir sa véritable forme, il en était impatient. Mais il lui faudrait attendre, car son voyage touchait à sa fin. Les lueurs de Tycho étaient maintenant en vue.

Sous le bateau, les eaux tumultueuses de la mer Australe irradiaient d'une lueur pâle. Le Prophète avait sacrifié plusieurs de ses enfants pour percer les secrets de cette ville engloutie, vouée à sa perte et la mort de ses habitants par l'avidité des hommes. Au coeur des décombres immergées, son véritable destin l'attendait. La douleur des milliers d'âmes enchaînées à cet endroit avait agi tel un aimant pour l'attirer, elle, celle par qui le Prophète était sur le point de réaliser pleinement sa grandeur, celle par qui les Ténèbres purs feraient de lui leur voix sur Aarklash, celle par qui il deviendrait leur émissaire. Elle. Une des Atrocités originelles."

Notes de conception:
Le Prophète du Vice, première Légende Vivante du peuple ophidien, est celui qui a ouvert la voie du Vice dans le coeur des ophidiens, il est le Patriarche qui a trahi les valeurs de l'Alliance pour succomber entièrement à l'Orgueil. Ce concept art le représente domainant un autel, irradiant du Vice et glorifié par les Ténèbres.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries

S'erum, Vicié de la colere

Concept - S'erum vicie de la colere

"Le cœur du Cynwäll lâcha après six heures de torture ininterrompue. Le corps reptilien de S'Érum fut agité par un spasme de dépit. Tout son être exprimait le dégoût face à cette creature si fragile, si misérable. Dans la mort, le visage de l'elfe avait conservé la trace des sévices infligés par l'enskëm, figé pour l'éternité en un masque de douleur. L'Ophidien n'en éprouvait aucune satisfaction. Les efforts pathétiques du Cynwäll pour résister à l'emprise mentale n'avaient fait que retarder l'ineluctable en augmentant ses souffrances.
La pièce dans laquelle ils se trouvaient empestait la peur et le sang. Bientôt, l'odeur ignoble de la mort et de la pourriture envahirait les lieux. S'Erum émit un sifflement de rage et deux de ses esclaves s'empressèrent de faire disparaître le cadavre pendant qu'un autre allumait un encensoir. L'odeur du parfum apaisa peu a peu la colère du Vicié qui put de nouveau réfléchir avec sérénité.
Avant que son corps ne se brise sous les caresses cruelles de l'enskëm. L'Elfe avait livré à S'Erum toutes les informations souhaitées. L'Ophidien savait désormais que Syd de Kaïber se trouvait à Laroq, rappelé sur ses terres natales par le Guide. Qu'il fut libre ou prisonmer importait peu. A moins de tenter une attaque suicidaire sur la forteresse des Dragons, le héros de la Lumière était pour le moment inaccessible. Pourtant, l'Ophidien n'en éprouvait nulle amertume Il savait que, tôt ou tard, le destin placerait son Ombre sur son chemin. D'ici là, il devait se préparer à cette confrontation finale, se perfectionner dans la maîtrise des armes et apprendre à contrôler la Colère qui bouillonnait en lui.
Il existait d'autres moyens de perpétuer la mémoire de S'Erdh que d'abattre sa nemesis... Le Premier veilleur avait voulu fonder un sanctuaire, un refuge pour les guerriers de la Serpentine, mais les Patriarches en avaient décidé autrement. S'Erum voulait reprendre ce projet à son compte. Il imaginait un lieu affranchi des lois mnémosiennes, un nid dans lequel les Viciés pourraient se regrouper, une forteresse dominée par l'instinct et les Ténèbres. L'ancien sydion savait que, désormais, les Patriarches ne pourraient plus rien faire pour l'en empêcher. Et il venait de découvrir l'endroit parfait pour fonder son sanctuaire.
Le Cynwäll avait beaucoup parlé sous la torture. Alors que son esprit vacillait sous les manipulations de l'ophidien, il avait livré diverses informations, dont certaines s'âvéraient précieuses. L'une d'elles avait particulièrement attiré l'attention de S'Erum. Au cours de son délire, l'elfe avait mentionné l'existence d'un monastère aux confïns de Lanever, sur les contreforts des monts du Béhémoth. Il avait surtout précisé que la retraite avait été édifiée au-dessus de l'antre d'Ahmatys, un dragon.
Comme tous les ophidiens, S'Érum connaissait la légende de cet ancien compagnon de Vortiris qui, à l'aube des temps, s'était opposé à celui qui avait défié les dieux. Leur lutte fratricide avait été violente, griffes contre écailles. Vortiris s'était montré plus fort. Mortellement blessé, Ahmatys avait puisé dans ses dernières ressources pour fuir à tire d'ailes et avait fini par succomber à ses blessures, dissimulé aux yeux du monde.
Le tombeau d'un dragon... Il n'y avait pas de lieu plus symbolique pour fonder un sanctuaire. Quelle provocation que de bâtir son nid au coeur du territoire Cynwäll! S'Erum souriait en imaginant la réaction des Patriarches lorsqu'ils auraient vent de son projet. Il serait alors trop tard pour l'arrêter. Posséder et corrompre un berceau de la Lumière, voilà l'ambition folle qu'il nourrissait. L'ancien sydion sentait peu à peu l'exaltation le gagner à cette idée. Le Vice hurlait en lui, plus puissant que jamais. Il lui fallait réunir des soldats et attaquer.

S'Erum inspectait la troupe hétéroclite qui l'entourait: des esclaves, asservis par la magie de l'enskëm ; des Viciés ophidiens attirés par son aura ; quelques mercenaires, soldats de l'Obscur ne vivant que pour la mort et le pillage. Un frisson d'orgueil parcourut le long corps sinueux du Serpent à la vue de cette armée. Lui, l'ancien sydion, était devenu un chef de guerre. Et bientôt Fondateur, si les Ténèbres lui offraient la victoire...
A quelques lieues de là s'élevaient les monts du Béhémoth et, dissimulée dans leur ombre massive, se tenait la cible, le refuge cynwäll, l'antre du dragon.
Le plan était simple : fondre sur le monastère, et profiter de l'effet de surprise pour en massacrer tous les occupants. S'Erum avait organisé ses troupes pour qu'elles enserrent le sanctuaire, comme un serpent emprisonne sa proie et l'écrase par constriction.
L'Ophidien leva vers le ciel son épée vorpale et, d'un même mouvement, tous ses guerriers se mirent en marche.

Lové dans son eyzom, S'Erum rêvait à l'avenir. Ses combattants avaient investi les lieux après leur victoire et se les étaient rapidement appropriés. Avec l'aide des esclaves, ils avaient transformé le monastère équanime en un véritable repaire ophidien. Plusieurs salles accueillaient désormais des bassins et une caverne avait même été aménagée en arène. Les guerriers pouvaient y mesurer leur force dans l'art de la constriction. L instinct régnait en maître dans l'ancien temple de Noesis.
S'Erum avait installé ses quartiers dans l'antre même du dragon. Son eyzom avait été façonné par un artisan Vicié avec les ossements gigantesques de la créature. L'ophidien éprouvait une étrange volupté à profaner ainsi le tombeau d'Ahmatys, comme s'il faisait sienne la puissance du dragon.
De nouveaux combattants l'avaient rejoint, augmentant peu à peu la taille de son armée de Viciés. Mais ce qui avait le plus réjoui le Fondateur, c'était la venue inespérée d'une Mère. L'Ophidienne, dévorée par l'Envie, venait rejoindre ses enfants, appelée par ce lien mystérieux qui relie une femelle à sa progéniture. L'héritage du Vice était assuré ; le sanctuaire comptait aujourd'hui ses premiers œufs...
L'interruption d'un esclave affolé vint interrompre les pensées du sydion :
« Maître, des intrus ont envahi le domaine ! »
Les œufs !
L'instinct s'éveilla en lui comme un cri d'alarme. Il fallait à tout prix protéger le nid.

Plongé dans un bassin, S'Erum méditait tandis qu'un esclave nettoyait ses nombreuses blessures. L'Ophidien avait changé. Il s'était beaucoup battu ces derniers temps, et était devenu un chef de guerre. Il n'avait plus rien en commun avec l'ancien sydion dont l'autorité reposait sur son statut d'exécuteur des lois mnémosiennes. Ce que ses guerriers respectaient en lui, désormais, c'était sa force, son aura de commandant et la Colère qui l'animait. Il avait mué.
Son sanctuaire accueillait chaque jour de nouveaux combattants, prouvant une fois de plus que la retraite, la dissimulation prônée par les Patriarches, n'avait plus de sens. Le Rag'narok annonçait l'ère du Vice et de l'engagement. Malgré cela, S'Erum demeurait inquiet. Le sanctuaire était encore fragile, à la merci des assauts des forces de la Lumière. Il lui fallait trouver un moyen de protéger sa forteresse.
L'esclave avait interrompu sa toilette. Irrité, l'Ophidien s'apprêtait à le punir pour son inattention, lorsqu'il perçut la présence d'un intrus. Il s'empara aussitôt de sa lame vorpale laissée au bord du bassin.
L'inconnue avança dans la lumière. Elle était vêtue d'une longue toge ivoire presque translucide, taillée dans plusieurs exuvies, qui tranchait avec la noire obsidienne de ses écailles. S'Erum la reconnut à son odeur, à la fois dangereuse et envoûtante.
« S'Ynaqia... »
Il avait connu l'Ophidienne dans une autre vie, quand il était encore sydion et traquait ceux qui bafouaient les lois de l'Alliance. Elle avait été un de ses rares échecs. S'Ynaqia était une psyché renégate, qui préférait utiliser sa magie pour son propre plaisir plutôt que pour satisfaire aux intrigues des Patriarches. S'Erum comprit pourquoi ses sens ne l'avaient pas averti plus tôt de la présence de l'intruse : S'Ynaqia était une maîtrese en dissimulation.
« Que viens-tu faire ici ? demanda-t-il, sa voix traînant comme une menace. »
L'Ophidienne s'approcha encore plus près et lui répondit dans un spasme lascif.
« Je t'apporte le pouvoir.
- Explique-toi.
- Je connais un rituel qui peut enchanter ce sanctuaire. Je peux attiser la puissance du dragon qui sommeille en ces lieux. »
S'Erum parvint à grand-peine à cacher son excitation. Le Vice s'éveilla soudainement en lui. Placer son sanctuaire sous la protection du dragon était une idée séduisante. Un point restait néanmoins à éclaircir.
« Et quel sera le prix de ton aide ?
- Je désire seulement partager avec toi l'autorité sur ce sanctuaire... »
Il y eut un instant de flottement, puis un rire secoua le corps serpentin de S'Erum scellant le pacte."

Notes de conception:
Le concept du Vicié de la Colère offre une seconde incarnation au personnage de S'Erum. Un personnage dans lequel le Vice s'est pleinement réalisé. Le concept met en avant la Colère qui inonde le personnage, tant dans sa pose que dans son anatomie changée, transcendée par le Vice.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Prêtre du Lazarium

Concept - pretre du lazarium

"Jour 1 Le sujet est arrivé sous bonne escorte. Je suis étonné qu'il ait survécu au voyage jusqu'ici. Mon assistant syhar m'a informé que son maître avait embarqué et arriverait sous peu. Cela me permettra d'étudier le sujet à ma guise.

Jour 4 Le sujet est toujours inconscient. Nous avons utilisé des drogues syhares pour le garder comateux. Les mutations progressent. Nous avons tenté d'amputer une aile et certains appendices impies. Son métabolisme se renforce chaque jour.

Jour 6 Les amputations ont été vaines. L'aile se reforme, le Principe de Clarté semble la régénérer. Sa masse s'est accrue. Même si la maldorée est une abomination, une perversion du Cycle, je ne peux que rester admiratif devant cet être.

Jour 7 L'empire Syhar n'a pas lésiné, leur délégation est arrivée. Un neuromancien accompagné de trois biopsistes et de plusieurs autres. Notre sanctuaire prend de plus en plus des aspects de laboratoire syhar.

Jour 9 Les ordres des Patriarches sont tombés. Le Lazarium est maintenant sous gestion conjointe de l'Alliance et de l'empire alchimique. La nouvelle me dérange mais nos invités se sont montrés des plus utiles. Leurs recherches sur les souches de dragons des cimes m'ont permis d'en apprendre plus en deux jours que nos frères ne l'ont fait en plusieurs décennies.

Jour 10 Les mutations du sujet s'accélèrent. Je crains que le Principe de Clarté ne termine son œuvre sous peu. Les Syhars semblent travailler à une solution pour stabiliser le sujet. Le ballet des clones entre leur laboratoire et celui où est retenu le sujet est incessant.

Jour 11 Des clones de combat sont arrivés aujourd'hui, transportant plus de gemmes de Ténèbres qu'il ne m'ait jamais été donné de voir.

Jour 13 Les événements de ces derniers jours ont renversés toutes mes convictions. Le neuromancien a fait riveter au sujet une machine infusant directement le Principe Obscur dans le cœur et la moelle épinière du sujet. Le sujet est revenu à lui un bref instant. Aveuglé par la douleur il a réussi à rompre ses entraves et balayer deux clones comme de vulgaires fétus de paille. Deux veilleurs et un biopsiste ont été nécessaires pour lui administrer le sédatif.

Jour 14 Nous laissons la machine tourner à plein régime. Bien que conscient, le sujet est rendu inerte par les drogues. J'en ai profité pour me replonger dans certains manuscrits de mes prédécesseurs. Mes frères n'ont jamais entrevus la perfection derrière le mal. De mon point de vue, il est maintenant possible d'atteindre la perfection de notre Père. La substitution de la Clarté par l'Obscur et nos litanies semblent porter leurs fruits.

Jour 15 Dix-neuf heures d'opération. Avec l'assistance de plusieurs clones, les deux chirurgiens et moi avons amputé, pour de bon je l'espère, les appendices dorsaux, ainsi que les membranes des ailes. Nous en avons profité pour ouvrir la cage thoracique du sujet et étudier l'étendue de la maladie. Des organes atrophiés que je n'avais jamais encore pu voir sur mes frères ophidiens prennent racine.

Jour 19 Les doses de sédatifs ont été diminuées. Le mal semble conscrit, mais le sujet est instable et agité. Selon les ouvrages de références, à ce stade, le sujet aurait déjà dû atteindre le stade final de sa transformation.

Jour 21 Est-ce la maladie ou les drogues? Peut être la cohabitation contre nature de la Lumière et des Ténèbres en lui, mais le sujet semble avoir perdu toute raison.

Jour 24 J'ai accepté l'offre du neuromancien. Dès demain, nous commencerons le traitement expérimental.

Jour 27 Le sérum m'épuise. Mon corps se raidit, mes écailles ont perdues leur lustre. Écrire ces quelques lignes est un effort intense. Je n'arrive pas à m'extraire de mon eyzom.

Jour 29 Mon corps a retrouvé sa force. Mon visage est déformé, une grotesque caricature de dragon atrophié. Demain, les chirurgiens grefferont des membres articulés syhars. Une première tentative pour ouvrir mon esprit au contrôle.

Jour 35 Le sujet s'est échappé. Les patriarches seront ravis d'apprendre qu'il a réussi à décimer une trentaine de clones de combat sans effort. Le sujet a été maîtrisé et est à nouveau sous contrôle. Je l'ai "ressenti" pendant ma léthargie... Note: mon sommeil a été perturbé. Un songe étrange. La sensation de bouillonner. Entravé et incapable de me libérer.

Jour 37 Pour la première fois depuis l'inoculation du traitement j'ai été confronté au sujet. Le neuromancien semblait intrigué. Le sujet s'est apaisé lors de mon arrivée dans la salle. Le noir total. Je me suis réveillé plusieurs heures après. D'après ce que les Syhars m'ont raconté, j'aurais été pris de vertiges, et me serais effondré. Que m'ont-ils fait? Ces griffes dorsales cacheraient-elles autre chose en leur sein?

Jour 39 Ils m'ont trompé! A l'aide d'un frère nécropse, nous avons pu déterminé ce qu'ils sont en train de me faire. Je n'atteindrai jamais la perfection de notre Père. Le traitement n'est pas résolu à déclencher l'éveil du cycle en moi. Mais suis-je la marionnette ou est-ce moi qui tirerai les ficelles? Nos pères sont-ils à ce point désespérés qu'ils vendent leurs fils à l'Empereur alchimique? Note: Ce rêve... encore... Mais est-ce un rêve? Je commence à douter de mon esprit.

Jour 40 Toutes les opérations sont à l'arrêt. Les rapports de nos éclaireurs sur la côte nous ont informé qu'un navire Cynwäll est en approche. Nous avons reçu un rapport plus inquiétant faisant état de deux dragons le suivant à une journée de distance.

Jour 44 Les elfes se sont rendus dans les ruines de l'ancien Sanctuaire. Mes craintes étaient sans fondement. Pour une raison que j'ignore, ils ont rebroussé chemin et n'ont pas poussé plus en avant leur exploration. Nos alliés se tenaient prêt à conscrire toute possibilité de fuite si notre Sanctuaire avait été découvert.

Jour 45 J'ai confronté le neuromancien. Les Patriarches n'ont que faire de la perfection de Vortiris. Ils veulent utiliser les Maldoréens, les asservir pour le bénéfice de l'Alliance et je suis la clé selon lui pour tenir la Clarté conscrite. Un dispositif similaire à celui du sujet est prêt à m'être implanté.

Jour 47 Aujourd'hui, je me prépare une nouvelle fois à être confronté au sujet. Le neuromancien a supervisé personnellement ma préparation. Un mentant d’Arh-Tolth m'a remis un collier de gemmes de Ténèbres, il pense qu'elles me permettront à canaliser ma conscience. Mes plaies me font mal, mais sentir le Principe Obscur courrir en moi m'apaise. Note: Les rêves deviennent plus pressants. Plus réels aussi. J'en viens à craindre le sommeil.

Jour 48 Le sujet a subi de nombreuses interventions depuis notre dernière rencontre. La couleur de ses écailles a aussi changé, le Principe Obscur les sature. Les chirurgiens ont été incapables de retirer les organes que nous avions découvert. Le neuromancien a créé un appareil qui empêche le sujet d'utiliser le souffle brûlant des dragons. Une "connexion" semble s'être établie entre lui et moi. Je ne connais pas encore ses limites ni sa nature. Mais maintenant, je sais qu'ils ne s'agissait pas de rêves. Je vois à travers lui, et nos esprits semblent se lier.

Jour 58 Le sujet est maintenant docile en ma présence. Nous arrivons à communier, je le guide autant qu'il nourrit ma rage. Son corps a été serti de gemmes de Ténèbres, leur chaleur semble calmer ses accès de rage. Les rituels semblent avoir aussi portés leurs fruits.

Jour 60 Pour la première fois, j'ai eu le plaisir de lire la suprise dans les yeux du neuromancien. Il ne s'attendait pas à me voir lacérer mon propre corps pour y inscrire un de nos symboles à la gloire de Vortiris. Le résultat a été suprenant, mon sacrifice a éveillé une rage insoupçonnée dans le sujet.

Jour 74 Le neuromancien est retourné à Shamir, il y a de ça deux jours, laissant le reste de la délégation en poste au Lazarium. Nos veilleurs garderont le Sanctuaire avec l'aide d'un nouveau contingent de clones. Je prends congé de ce journal pour répondre à l'appel des Patriarches.

Je vois ce que lui voit, et ressens ce que lui ressent.

Par lui, la perfection de notre Père s'accomplira."

Note de conception: Certains prêtres doivent connaitre le but "avorté" de Vortiris vis à vis de sa progéniture, c'est à dire, en faire des Dragons. De ce fait, ces derniers doivent espérer pouvoir atteindre la perfection de Vortiris ! Pour moi, les Lazarium servaient à ça. Non seulement ce sont des lieux de soins pour ceux atteints de la Maldorée, mais ce sont aussi des lieux où on va essayer de la contrôler pour atteindre la perfection de Vortiris, j'ai fait le lien avec les Frères Hospitaliers des croisades, qui soignaient mais aussi expérimentaient. Aussi, j'imagine un prêtre dédié aux soins des "maldoréens" lui même muté partiellement.

Sur base d'une idée originale de Cédric Coche. Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.

Apostat des Ténèbres Wolfen

Concept - apostat des tenebres wolfen

"Le tonerre des canons s'était tu. Le métal rougeoyait alors que de leur bouche s'échappait une lourde fumée âcre. Le chapelain remontait les rangs, entonnant une longue litanie à la gloire de l'Unique, seulement entrecoupées d'aboiements à destination des plus hésitants. Les hommes se brisaient l'échine à jeter seau après seau sur le métal brûlant. La vapeur se mêlait à la fumée de la poudre brûlée, couvrant toute la coline d'une épaisse brume. Une nouvelle salve de tirs se préparait machinalement.

Un mur de brouillard opaque recouvrait les batteries de canons du Griffon, le chant jusqu'alors ininterrompu du chapelain cessa soudainement. Tel un seul homme, l'ensemble des artilleurs se figèrent, tournant la tête dans la direction du dévot. Les plus proches apercevaient la silhouette immense qui avançait à leur rencontre. Solidement campé, le chapelain brandit la croix de Merin alors qu'il dégainait son arme. Le mur de fumée s'ouvrit, les volutes noires de la poudre tournoyèrent autour de la montagne de chair et de métal noir, décrivant des formes impies. Face à eux, l'incarnation même de la mort était venue les cueillir.

A la vision du Wolfen entièrement dévoué aux Ténèbres, la résolution du chapelain vascilla. Le monstre avançait sans précipitation, laissant pleinement le temps à ses futures victimes de se rendre compte de l'horreur qu'il inspirait. Les plaques noires de métal terni étaient hérissées de solides pointes grossières. Des lambeaux de chairs pendaient ça et là. Les yeux du chapelain s'écarquillèrent lorsqu'il reconnut, accroché à la poitrine du monstre, le corps encore agonisant de l'Inquisiteur qui les avaient menés au combat. Dans le rang, la stupeur laissa la place à la terreur. A la vue de ces corps mutilés et agonisants, le chapelain laissa tomber la Sainte Croix de Merin au sol, alors qu'il tombait à genoux, terrassé par une terreur qu'il n'avait jamais soupçonné."

Notes de conception:
Le concept de l'Apostat des Ténèbres Wolfen dépeint cet enfant d'Yllia perverti aux Ténèbres et ayant succombé entièrement au Vice. A l'instar des Apostats humains, l'empreinte corruptrice du Vice a déformé son corps, rendu plus massif et imposant par les Ténèbres. L'armure du Wolfen met en avant l'aspect bestial et brut de cet être rongé par le Vice et affamé de souffrance.

Fusiliers Ophidiens

Concept - fusiliers ophidiens

"Petite-Pièce avait enfin trouvé l'occasion de devenir riche. Quelle veine d'être tomber sur quelqu'un d'aussi ivre, le pauvre ne tenait même plus debout. Il devait avoir plus d'alcool dans les veines que de sang, se disait Petite-Pièce en regardant la carte qu'il avait volé au pauvre ivrogne après l'avoir gentillement ramené dans son lit. Il avait passé une heure à écouter ses divagations à propos d'un soi-disant trésor dont il aurait retrouver la trace grâce à une carte de son grand-père. Une fois les poches pleines et la carte en main, Petite-Pièce était allé voir ses vieux amis, Armon et Le Tireur.
Ils avaient choisi leur équipement avec soin, cordes, torches, balles pour le fusil du Tireur. L'entrée du passage avait été facile à trouver. Y pénétrer? Une banale affaire pour des monte-en-l'air comme eux. Le tunnel qui s'enfonçait sous la surface était humide et poisseux. Les torches n'éclairaient pas bien loin, ils leur semblaient s'enfoncer dans les ténèbres les plus profonds. Au bout d'une heure de marche, suivant la carte avec attention ils tombèrent sur une rivière souterraine. Armon sauta le premier dans l'eau. Déjà grand, elle lui arriva à la taille. Ils avancèrent dans le sens du courant jusqu'à une énorme grotte, au plafond si haut que la lumière de leurs torches se perdait dans l'obscurité, la carte indiquait malgré tout l'endroit par une grosse croix. Armon s'arrêta soudainement.
"- Y a un truc qui rampe entre mes jambes, dit-il dans un murmure."
Ils sortirent leurs armes en même temps. Le crissement de la lame de l'épée d'Armon contre l'anneau de métal de son fourreau trancha avec le silence ambiant. Le bruit sec du chien du fusil du Tireur se répercuta contre les paroies de la cavité souterraine quand ce dernier l'arma.

Le bruit de plongeon, le bruit de l'épée sortit de son fourreau et le cliquetit d'un chien armé interpellèrent S'Ridol. Des intrus avançaient vers lui. Il fouetta l'air humide de la grotte avec sa langue. Il perçut au travers de l'humidité une faible variation de chaleur, une torche à n'en pas douter lui indiquant trois voir quatre visiteurs indésirables.
Le fusilier ophidien sortit de la cavité murale qui lui servait de tour de guet. Il observa les trois aventuriers venus de la surface, sûrement à la recherche de quelques trésors. Mais ici, ils ne trouveront que la mort en guise de butin. Ce chemin ne mène qu'a un seul endroit, un lieu où seuls les enfants de Vortiris sont autorisés à pénétrer. Ces trois-là devraient mourir. Ils avançaient péniblement à la lueur de leur torche. Le premier était une vrai montagne de muscles, épée et bouclier en avant, le deuxième pointait l'obscurité en tournant sur lui-même avec une sorte de fusil rudimentaire, pâle figure en comparaison de celui de l'Ophidien. Le troisième quant à lui, tenait la torche et la carte. 

Le fusilier sortit son fusil, une arme parfaite, la crosse en boir d'amarante finement ciselé et parcouru de pièces en argent poli. Il prit l'arme entre ses mains, et amorça le chien dans un mouvement fluide, sans qu'aucun bruit ne s'en échappe. Les muscles puissant du corps serpentin se contractèrent pour remplir le réservoir de poison du fusil en faisant descendre le venin de ses glandes au travers du petit tuyau planté dans sa gorge qui reliait la crosse du fusil. Il contracta une deuxième fois afin de charger au maximum son tir, se disant qu'au vue du gabarit du premier larron, une double dose serait probablement nécessaire. Il porta son fusil à son épaule, prit le bouclier métallique avec sa queue et le fit passer devant lui. Il posa son fusil dans le créneau du bouclier et mit en joue sa cible, arrêtée au milieu du courant. Il visa la tête, fouettant l'air avec sa langue. Il sentit la peur qui emplissait l'air de la grotte. Ils étaient terrorisés, mais ce n'était que le début.

Il sourit, gratta la gâchette avec l'ongle crochu de son index et pressa la détente. Le coup partit, illuminant la grotte. La balle arracha la joue droite de sa cible. L'homme hurla de douleur. Il lâcha ses armes et porta ses mains à sa bouche ensanglantée. Le poison parcourait déjà ses veines, la douleur était insoutenable, ses cris résonnaient dans toute la grotte. Il plongea dans l'eau, le venin du fusiliers le brûlait de l'intérieur, comme si du feu parcourait ses veines. Dix secondes suffirent pour que le poison ne termine son oeuvre, le corps sans vie de l'homme flottait maintenant à la surface de l'eau et était doucement emporté par le courant.

Les dix secondes qui s'étaient écoulées avaient permis au fusilier de refaire le plein de poison. Son deuxième coup visa celui au fusil qui pointait déjà son arme vers la cachette du fusilier ophidien, sans pour autant être en mesure de le voir. Le fusilier, lui, n'avait aucun mal à les percevoir.

Il pressa la gâchette une deuxième fois. Le coup atteint sa cible au niveau de l'aine juste à la surface de l'eau. L'Ophidien avait sciemment visé cette zone pour offrir à sa victime une mort douloureuse, entre venin et hémorragie. L'Ophidien se délectait à la perspective d'infliger une lente agonie cet humain. Le Tireur vit son sang quitter abondamment son corps et se mélanger à l'eau de la rivière. Il ressentait une vive douleur qui innodait son corps entier, la souffrance l'emporta en même temps que le courant.

Le dernier hurla et fit demi-tour sans tarder, remontant la rivière à contre-courant pour rejoindre la surface. Le fusilier prit son temps pour recharger son arme en poison et munition, n'insufflant qu'une faible quantité de poison à son tir. Il délivra le jugement fatal au dernier des intrus qui avaient osé s'approcher si près d'un Sanctuaire de l'Alliance. Il visa la jambe gauche. Le tir retentit. La balle venimeuse se logea dans la cheville de l'homme terrorisé. Le poison mettra des heures à se dissiper dans le corps de l'infortuné. Il parviendra peut être jusqu'à la surface, mais sa vie prendra inéluctablement fin dans des souffrances infernales.

Le Sanctuaire ne risquait plus rien. Le fusilier rangea son bouclier et fusil. Il se lova dans son abris, fouettant l'air humide de sa langue afin de savourer les dernières essences de peur qui flottaient autour de lui."
Texte de Daniel Schaeffer.

Concept art par Rodrigo Vega pour Fire Industries.